Installer un abri de jardin sans autorisation, c’est le rêve de beaucoup de propriétaires : pas de paperasse, pas de taxe d’aménagement à régler, et une installation souvent rapide. Mais que se passe-t-il si on décide de mettre non pas un, mais 2 abris de jardin de 5m2 ? Cette astuce attire de plus en plus, surtout depuis que la réglementation se durcit sur les constructions extérieures. Pourtant, la tentation de contourner les règles en multipliant les petits cabanons peut vite tourner au casse-tête administratif… voire coûter cher en cas de contrôle.
J’ai moi-même hésité à doubler la mise dans mon jardin, histoire de ranger à la fois les outils, le bois et les vélos. Mais avant de me lancer, j’ai creusé la question. Car, entre la réglementation nationale, les particularités locales et la fiscalité, il y a plus d’un piège à éviter. Pour ceux qui veulent gagner en espace ou en modularité, savoir ce qu’on risque réellement – ou pas – est indispensable. Voici tout ce qu’il faut savoir, sans détour ni jargon, pour faire le bon choix et éviter les galères.
Réglementation sur les abris de jardin : ce que dit la loi
La législation française encadre strictement la pose d’abris de jardin, même s’ils semblent modestes. Dès que l’on touche à la construction, les surfaces à prendre en compte sont précises : surface de plancher et emprise au sol. Pour un abri de moins de 5m2, aucune déclaration préalable n’est exigée dans la grande majorité des cas, à condition de ne pas dépasser ce seuil magique des 5m2… par abri, mais aussi par projet ! C’est là que ça se complique quand on veut en installer deux.
Beaucoup pensent qu’en posant deux cabanons de 5m2, ils échappent définitivement à toute démarche. Or, les services d’urbanisme additionnent très souvent les surfaces si les abris sont installés au même moment ou servent un même usage. D’expérience, certains maires ferment les yeux, d’autres appliquent la lettre de la loi : tout dépend du contexte local et du règlement du PLU (Plan Local d’Urbanisme). Dans mon village, par exemple, le maire m’a clairement dit : « Deux cabanons, c’est dix mètres carrés, donc déclaration obligatoire. »
Pour éviter les mauvaises surprises, il faut toujours vérifier le PLU de sa commune. Certains imposent des distances minimales entre les constructions ou limitent le nombre d’annexes par parcelle. Si vous êtes en lotissement ou en zone protégée, les règles sont souvent encore plus strictes. Le réflexe à avoir : passer un coup de fil au service urbanisme avant de sortir la perceuse. Cela prend dix minutes et peut vous éviter des mois de tracas.
Peut-on vraiment installer 2 abris de jardin de 5m2 sans autorisation ?
La réponse n’est pas aussi simple qu’on l’espère. Le texte national (article R.421-9 du code de l’urbanisme) dit bien qu’une déclaration préalable n’est exigée que si l’emprise au sol ou la surface de plancher de l’ensemble dépasse 5m2. Mais, en pratique, installer deux abris de 5m2 côte à côte ou à quelques mètres d’écart peut être assimilé à une seule construction de 10m2 par l’administration. Surtout si les deux sont posés en même temps et servent le même usage (rangement, atelier, etc.).
Des cas réels montrent que certains propriétaires ont été contraints de régulariser leur installation, avec parfois des amendes à la clé. À l’inverse, j’ai aussi vu des voisins profiter de la tolérance de leur mairie, tant que chaque abri restait isolé, avec une vraie distance entre eux (souvent plus de 3 mètres), et un usage distinct affiché. Mais c’est loin d’être la règle générale. Il existe donc une zone grise où tout repose sur l’appréciation de l’urbanisme local.
- ✅ Respecter le seuil de 5m2 par abri ET par projet
- 📌 Installer les abris à bonne distance (plus de 3 mètres si possible)
- 💡 Varier les usages pour chaque abri (atelier, stockage, etc.)
Mon conseil ? Si vous tentez l’opération, espacez suffisamment vos abris et différenciez-les visuellement (matériaux, couleur, usage). Et surtout, gardez une trace de l’achat et de l’installation. En cas de contrôle, cela pourra faire pencher la balance en votre faveur. Mais n’oubliez pas qu’il s’agit d’un équilibre parfois fragile, et qu’une simple plainte de voisin peut tout faire basculer.
Fiscalité et taxe d’aménagement : double abri, double taxe ?
L’une des motivations principales pour rester sous 5m2 est d’échapper à la fameuse taxe d’aménagement. Cette taxe, réévaluée chaque année, coûte en moyenne entre 300 et 600€ pour un simple abri de jardin de 10m2. Elle s’applique à toute construction de plus de 5m2, dès lors qu’elle est close et couverte. En théorie, deux abris séparés de 5m2 chacun n’entrent pas dans le champ de la taxe… mais attention au calcul de la surface totale !
Les services fiscaux peuvent considérer que deux abris installés simultanément constituent une seule opération et donc taxer l’ensemble. La jurisprudence commence à s’étoffer sur le sujet, et même si les contrôles restent rares, ils existent. Dans ma commune, le service urbanisme m’a raconté le cas d’un habitant qui a dû payer la taxe rétroactivement, car ses deux abris avaient été posés à trois semaines d’intervalle et servaient tous deux de stockage. Cela fait réfléchir.
| Cas de figure | Taxe d’aménagement | Autorisation requise |
|---|---|---|
| 1 abri de 5m2 | ❌ Non | ❌ Non |
| 2 abris de 5m2 posés ensemble | ⚠️ Selon mairie | ⚠️ Selon mairie |
| 2 abris de 5m2 espacés dans le temps | ⚠️ Possible contrôle | ⚠️ Possible contrôle |
| 1 abri de 10m2 | ✅ Oui | ✅ Oui |
Si vous jouez la prudence, espacez les installations dans le temps, variez les usages, gardez les factures séparées. Mais gardez en tête que tout repose sur l’appréciation de l’administration locale. Un contrôle fiscal peut arriver des années après l’installation, souvent suite à une dénonciation ou une photo aérienne. Mieux vaut anticiper que réparer.
Contraintes d’implantation et erreurs courantes à éviter
Installer deux abris de jardin, c’est aussi composer avec des contraintes d’implantation parfois sous-estimées. La loi impose le respect des distances par rapport aux limites séparatives (en général 3 mètres) et parfois des hauteurs maximales. Beaucoup font l’erreur de coller les deux cabanons pour gagner de la place : c’est le meilleur moyen d’attirer l’attention de l’urbanisme. Deux abris accolés sont systématiquement considérés comme un seul bâtiment.
Un autre piège classique, c’est de sous-estimer l’impact visuel : deux petits abris côte à côte peuvent vite faire « bloc » disgracieux, surtout dans un petit jardin. Sans parler du stockage anarchique qui s’installe avec le temps… J’ai pu voir chez un ami que deux abris mal positionnés gênaient la tonte, cachaient la vue et créaient des zones d’ombre inutiles. Un seul abri bien pensé aurait été plus pratique et discret.
Pensez aussi à la qualité des fondations et à l’humidité. Deux abris, c’est deux fois plus de risques d’infiltration, de remontée d’eau ou de déformation des sols, surtout si vous improvisez sur la dalle ou les plots. Si vous n’êtes pas à l’aise avec ce type de travaux, mieux vaut faire simple et solide plutôt que multiplier les risques de malfaçon ou de litige avec le voisinage. La tranquillité, ça n’a pas de prix.
Avantages, limites et alternatives à la double installation
Si l’idée d’installer deux abris de jardin de 5m2 séduit, c’est aussi parce qu’elle semble offrir une modularité intéressante : séparer les usages, mieux organiser le rangement ou s’adapter à un terrain biscornu. Personnellement, j’ai longtemps hésité pour stocker d’un côté le bois, de l’autre les vélos et outils. Mais, à l’usage, j’ai vu que la multiplication des petites annexes finit par compliquer l’entretien, la circulation dans le jardin, et même la revente de la maison.
Parfois, il vaut mieux investir dans un seul abri bien conçu, quitte à demander une autorisation et à payer la taxe. On gagne en solidité, en esthétique et en praticité. L’autre solution, ce sont les abris modulaires ou démontables, qui permettent d’agrandir ou réduire l’espace au fil du temps, sans forcément déclencher de nouvelles démarches. J’ai opté pour un abri « évolutif » en kit, monté sur plots, qui m’a coûté moins cher à la longue et que j’ai pu agrandir légalement après déclaration.
Avant de vous lancer, pesez bien le pour et le contre. Prenez le temps de dessiner votre projet, de simuler les usages sur le terrain. Parfois, une simple optimisation de l’existant (étagères, râteliers, rangements muraux) évite d’avoir à multiplier les cabanes. Et si vous optez pour la double installation, renseignez-vous auprès de la mairie, conservez tous vos justificatifs, et surveillez les évolutions du PLU. Le confort, c’est aussi la tranquillité administrative !
Foire aux questions :
Faut-il une autorisation pour installer deux abris de jardin de 5m2 ?
Non, pas forcément, mais cela dépend du cumul des surfaces et du contexte local. Si les deux abris sont considérés comme un seul projet par l’administration, une déclaration préalable peut être exigée. Renseignez-vous toujours auprès de votre mairie.
Doit-on payer une taxe d’aménagement pour deux abris de 5m2 ?
En théorie non, mais cela dépend de l’interprétation du fisc. Si les abris sont installés ensemble ou servent le même usage, la taxe peut s’appliquer sur la surface totale. Mieux vaut se renseigner localement et garder une preuve de la date d’installation de chaque abri.
Quelle distance respecter entre deux abris de jardin de 5m2 ?
La distance minimale recommandée est généralement de 3 mètres entre chaque abri et les limites séparatives. Pour éviter l’assimilation à une seule construction, il est conseillé d’espacer les abris d’au moins 3 mètres entre eux également.
Peut-on installer deux abris de jardin de 5m2 dans un lotissement ?
Oui, sous conditions, mais les règles sont souvent plus strictes en lotissement. Il faut vérifier le règlement intérieur du lotissement, qui peut limiter le nombre d’annexes ou imposer des contraintes supplémentaires par rapport au PLU communal.








